Balade « les plantes colonisatrices des friches urbaines » GRATUIT

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Transition(s) propose un atelier de découverte des plantes sauvages de la ville qui colonisent les friches urbaines.

Chance ou plaie? Qu’elles soient de la rue, d’une terrain-vague ou derrière les murs, elles poussent avec nous dans la cité. Et témoignent, par leurs histoires, de l’aménagement urbain du territoire, et de l’histoire de celui-ci.
Parce que comme nous les petites plantes de la nature ont peut-être bien le droit de vivre, venez rencontrer des belles plantes à la Fissure-Seine 😉

Pour l’occasion Transition(s) vous offre ce moment de science, en soutien à l’ouverture de ce nouveau lieu alternatif, culturel et social.
Profitez en –> c’est GRATUIT !

L’événement Facebook pour partager avec vos amis.

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La Courneuve – Plantes sauvages comestibles et médicinales du 28/04/19

Mieux connaître son environnement sauvage, avoir un intérêt avec celui-ci, c’est mieux savoir pourquoi et comment le préserver.
 
Venez découvrir dimanche 28 avril après-midi des plantes sauvages connues de votre œil, qui se mangent et aux intéressantes propriétés médicinales.
 
Apprenez leur nom et les empruntes qu’elles ont laissé dans l’histoire de l’humanité.
 
Profitez d’une méthode unique conçue pour mieux apprendre et diffuser le savoir à son tour.
 
Vous pouvez trouver toutes ces informations sur Internet ou dans des bons livres, mais dans la pratique, on se retrouve souvent devant ces questionnements: Comment les cueillir, ne pas se tromper, comment les préparer?
 
Transition(s) vous propose d’explorer cet environnement sauvage et de répondre à ces questions dans un endroit insoupçonné: le Parc de la Courneuve , en plein cœur du 93.
 
La participation aux frais est de 10 euros minimum. Sur place.
 
Rendez-vous 15h dimanche 28 avril devant l’arrêt de bus « Cité Floréal » du 150, 250 ou 252, récupérables depuis le M7, RERB et T1.
Si vous ne venez pas en transports, l’arrêt de bus du RDV se trouve à l’entrée Pyrus, ci dessous une photo du portail et un plan.
Vous pouvez prendre de quoi noter, et si vous pensez que ça peut intéresser quelques uns de vos amis, invitez-les !

Qui était Léo Lagrange ?

Léo_Lagrange_à_la_finale_du_Championnat_de_France_de_rugby_1937

Figure importante de l’éducation populaire culturelle et sportive, quelle ville en France ne possède pas un stade, une rue à son nom ? Une fondation, à l’action éprouvée lui rend hommage. Mais cet homme, qui est-il ? Pourquoi fut-il l’un des personnages qui a changé le monde autour de lui ? Suivez l’histoire d’un homme d’un autre temps, mort à la guerre par conviction, à juste 40 ans.

Né en 1900 à Bourg-sur-Gironde d’un père comptable, il s’inscrit adolescent aux éclaireurs de France, mouvement de scoutisme non-religieux. Finissant ses études au lycée Henri IV en août 1917, il s’engage dans l’armée alors que la 1ere guerre mondiale n’est pas encore finie et qu’il n’a pas encore 18 ans. A son retour il intègre l’Institut d’Études Politiques.

En 1920, un événement important déchire la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière) alors 1er premier parti politique de gauche en France.

Au cours de la 1ere guerre mondiale que beaucoup pensaient courte, les pacifistes parmi les militants socialistes sont petit à petit devenus majoritaires.

L’Internationale Ouvrière aussi appelée Deuxième Internationale fut fondée à l’initiative entre autre de Friedrich Engels en 1889 sur un constat de lutte des classes, et milita jusqu’au début du XXe siècle sur les bases du marxisme (ses cadres bourgeois contestèrent ensuite l’émancipation des travailleurs par les travailleurs et avaient une vision « réformiste » de la société, où l’organisation sociale devait rester la même tout en s’adoucissant). Lors de la guerre, ses principales figures (sauf les russes et les serbes) se discréditèrent en votant dans leurs pays, dans leurs parlements respectifs, les crédits de guerre. De plus, les militants fidèles aux valeurs pacifistes de l’Internationale et qui dénoncèrent cela en furent exclus, comme Rosa Luxembourg. Ceci finit d’abattre la légitimité de la Deuxième Internationale à réaliser l’internationalisme ouvrier.

Depuis 1917, la révolution bolchevique emportait la sympathie des socialistes français et ceux-ci se tournèrent vers la Troisième Internationale communiste, qui se construisait autour de ce qui allait devenir l’URSS.

Et c’est dans ce contexte que se déroula le congrès de Tours de la SFIO en 1920. Cette dernière se divisa en 3 groupes et le majoritaire se détacha des autres pour former la SFIC, qui allait devenir le PCF et qui rejoignit la Troisième Internationale.

Le restant du parti qui comportait les deux autres groupes tenta de faire revivre l’Internationale Ouvrière et garda le nom de SFIO.

Et c’est la SFIO directement à l’issue du congrès de Tours que choisi de rejoindre Léo Lagrange alors âgé de 20 ans. En 1922 il devint avocat et, sensible aux horreurs de la guerre il s’attache à défendre en particulier les tuberculeux, les malades des poumons et les gazés, survivants des conflits sanglants des puissants. En 1925 il épouse Madeleine Weiller, qui le soutiendra et l’épaulera dans leurs aventures politiques (elle fut élue députée de l’Assemblée Nationale Constituante de la IVe république en 1945). Le couple s’intégrât dans la dynamique parisienne des intellectuels de gauche, et en 1928 Léo Lagrange se présente aux élections législatives dans le XI e arrondissement de Paris. Battu, il devint rédacteur au Populaire, le journal de la SFIO, et fut envoyé en 1932 « reconquérir » la circonscription d’Avesne-sur-Helpe dans le département du Nord. Celle-ci était aux mains d’un puissant capitaliste local, Louis Loucheur, 6 fois ministre de gouvernements de droite et à l’origine d’une entreprise d’exploitation humaine spécialisée dans le béton armé, qui deviendra en l’an 2000 la bien connue Vinci. Léo Lagrange battit Louis Loucheur sur son terrain et devint député.

En 1936 et dans le 1er gouvernement de Léon Blum, il fut nommé sous-secrétaire d’état « aux sports et à l’organisation des loisirs », direction nouvellement créée et qu’il mènera jusqu’en 1938 et sous 4 gouvernements du Front Populaire, dans le ministère de la « santé publique ». L’œuvre de cette grande alliance (SFIO, RRRS, PCF + DVG) fut la semaine de 40 heures et les congés payés, Léo Lagrange s’inscrivit dans le courant de l’émancipation populaire et s’appliquât à rendre possible les loisirs pour le plus grand nombre. Il parlait de la nécessité pour la classe ouvrière d’être instruite et organisée pour qu’elle puisse diriger un jour, et disait entre autre :

« … il ne peut s’agir dans un pays démocratique de caporaliser les distractions et les plaisirs des masses populaires et de transformer la joie habilement distribuée en moyen de ne pas penser. »

« Dans le sport, nous devons choisir entre deux conceptions :
– la première se résume dans le sport spectacle et la pratique restreinte à un nombre relativement petit de privilégiés,
– selon la seconde conception, tout en ne négligeant pas le côté spectacle et la création du champion, c’est du côté des grandes masses qu’il faut porter le plus grand effort.
Nous voulons que l’ouvrier, le paysan et le chômeur trouvent dans le loisir la joie de vivre et le sens de leur dignité ».

« Notre but simple et humain, est de permettre aux masses de la jeunesse française de trouver dans la pratique des sports, la joie et la santé et de construire une organisation des loisirs telle que les travailleurs puissent trouver une détente et une récompense à leur dur labeur ».

« Notre souci est moins de créer des champions et de conduire sur le stade 22 acteurs devant 40 000 ou 100 000 spectateurs, que d’incliner la jeunesse de notre pays à aller régulièrement sur le stade, sur le terrain de jeux, à la piscine ».

« Si nous avons à faire un effort commun dans le domaine sportif, comme dans bien d’autres, c’est un effort de moralité. J’ai écouté avec grand intérêt M. Temple qui a fait apparaître les dangers redoutables du développement du sport professionnel. Hélas ! lorsqu’on accepte qu’un geste humain qui, par nature doit être désintéressé, devienne la source de profits importants, la juste mesure est très difficile à déterminer.
Je crois que le jour où l’on a admis que le jeu sur le stade pouvait être l’occasion de profits importants, on a fortement atteint la moralité du sport.
Aussi, de toutes mes forces et quelles que soient les critiques, parfois sévères, dont mon action pourra être l’objet, je m’opposerai au développement du sport professionnel dans notre pays. Je détiens au Parlement la charge de servir les intérêts de toute la jeunesse française, et non de créer un nouveau spectacle de cirque ».

Appliquant la politique définie par la FSGT qui inspire le Front Populaire il impulsera des dynamiques, lancera des chantiers, soutiendra des essors, pour démocratiser la pratique (plutôt que l’admiration passive) des sports déjà populaires ; et s’appliquera à populariser les sports bourgeois tels le tennis, les sports d’hiver (qui se cristalliseront autour du ski), l’aviation ou encore l’alpinisme (qui deviendra l’escalade).

Concrètement et en seulement 20 mois d’exercice, un inventaire des équipements sportifs fut établi pour repérer les inégalités territoriales, et multipliant le budget des équipements par 6, furent financés 21 « parcs des sports », 33 « bassins de natation couverts », 186 « terrains de jeux aménagés » et 892 « terrains de jeux simples ». Parallèlement il créa le « billet populaire de congés annuels » qui accorde de conséquentes réductions sur trains, téléphériques, croisières, les rendant accessibles, tandis qu’il encourage la création de campings et d’auberges de jeunesse. Il tente aussi de développer les loisirs culturels, notamment autour du théâtre.

Valorisant, formant, légitimant une nouvelle génération d’animateurs sportifs, il crée le Brevet Sportif Populaire, dispensant diplôme et médaille qui attestent de capacités sportives sur des activités avec peu de matériel.

Répondant aux sportifs communistes et antifascistes de la FSGT il organise pour la France les Olympiades populaires, Jeux Olympiques alternatifs se substituants aux JO de Berlin, alors capitale de l’Allemagne nazie. Mais les Olympiades populaires de Barcelone furent interrompues par l’avènement au pouvoir de Franco, qui fit un coup d’état fasciste en Espagne.

A l’issue du 2e gouvernement de Léon Blum il laisse le sous-secrétariat et deviendra président du Comité laïque des auberges de jeunesse pour quelques mois, étant toujours parlementaire.

A la déclaration de guerre en 1939, contrairement aux autres ̶b̶o̶u̶r̶g̶e̶o̶i̶s̶ députés, et le seul à agir ainsi, il s’engage volontairement dans le 61e régiment d’infanterie de Metz en qualité de sous-lieutenant, et fut tué le 9 juin 1940 près d’Evergnicourt.

La guerre a brusquement freiné les dynamiques portées par Léo Lagrange, sa femme et leurs camarades, mais au sortir de celle-ci, parmi toutes celles et ceux qui avaient survécus, beaucoup se souvenaient que cela fut possible. Certains de ceux qui continuèrent son œuvre ont aussi des rues à leur nom, mais la plupart resteront anonymes, impulsant et soutenant dans leurs localités ces nouvelles pratiques populaires, autrefois élitistes. Qui peut aujourd’hui nier que la pratique du sport en France est populaire, et fut, si elle ne l’est encore, vectrice de rencontres et d’émancipation?

Sources : www.wikipedia.frwww.leolagrangepau.wordpress.comwww.lemonde.frwww.allodocteur.frwww.universalis.fr — Transition(s) 2018 – JC Teulier
Photo : Bibliothèque municipale de Toulouse : Léo Lagrange à la finale du championnat de France de rugby en 1937.