Porteur de paroles – Gilets jaunes Paris acte XXII

Avant dernière série de témoignages pour la grande enquête sociale sur les raisons de l’implication des Gilets jaunes.

Ce samedi 13 avril pour l’acte 22 des Gilets jaunes j’ai fait la manif pour la liberté de manifester qui se déplaçait de la place de la République à la place de la Nation, à Paris. Une autre manif faisait le parcours inverse ! Je l’ai rejointe à République où j’ai fait les dernières interviews.

Ci-bas 13 nouveaux témoignages qui viennent se rajouter aux 77 récupérés lors des actes 14, 16, 17, 18, 19, 20 et 21, en plus du reportage radio.

Bientôt une analyse globale qui cherchera à tirer des grandes tendances de ce mouvement unique. En attendant, faites vous votre propre analyse ! Les gens répondent à la question : « pourquoi es-tu Gilet jaune ? »

La méthode utilisée pour récolter les opinions politiques des gens est celle du porteur de parole.

*****

Françoise, 65 ans

IMG_20190413_144250« Je ne sais pas si je suis Gilet jaune. Je manifeste avec eux parce que je me reconnaît dans les revendications. Le mouvement me paraît multiforme et je ne suis pas au courant de tout, mais ça me paraît difficile de ne pas y participer. Je me sens concernée, j’ai envie d’une autre société. Aujourd’hui je suis dans une manif pour la liberté de manifester, de s’exprimer. J’ai été à pas mal de manif des Gilets jaunes et on y discute avec plein de gens qu’on ne rencontre pas forcément tous les jours, et c’est intéressant. Je ne me reconnaît pas légitimité car je manifeste et c’est tout. Je ne milite pas, je n’ai pas d’autres moyens d’action, mais j’ai toujours été engagée plus à gauche. »

*****

Sylvie, 62 ans

« Contre l’injustice. Parce que j’attendais ça depuis un moment. Je ne supporte plus le discours dominant de division entre les gens depuis 30 ans. Je suis contente que le peuple redresse la tête et se batte. Le problème comme dirait Ruffin, c’est l’indifférence. Ce que j’aime dans les Gilets jaunes c’est la solidarité retrouvée. Et cette expérience elle ne disparaîtra pas. Ce qui est important c’est de vivre les choses et que ça se construise. Les gens ne rentreront plus dans leur boîte, et ça prendra peut être du temps mais ça va changer. Pas comme ça mais il y aura des hauts et des bas. Il faudrait un autre système, une 6e république, une autre constitution… Il faut arrêter avec la présidentielle c’est de la merde. Les chose vont converger car il y a beaucoup de mécontentements. Il faut que les Gilets jaunes s’organisent, et c’est bien que ça se fasse. Il y a eu un peu de naïveté au début chez ceux qui n’avaient pas l’habitude des luttes, ils ne s’attendaient pas à ce que ça dure autant et que la répression soit si forte. J’ai 62 ans et je travaille encore, dans le social. »

*****

Clément, 33 ans

« C’est compliqué comme question. Je porte le gilet par solidarité avec les premiers Gilets jaunes, qui avaient des revendications de niveau de vie. Je suis prof et je suis satisfait de mon niveau de vie. Je porte le gilet pour montrer à l’inverse de ce que dit la télé que les Gilets jaunes c’est l’ensemble de la population et pas juste une poignée d’extrémistes. A la télé on montre beaucoup les images de violence et par exemple l’épisode avec Finkelkraut. Je suis le mouvement pour des questions de justice sociale, pour défendre le modèle français dont on nous dit qu’il est trop cher, alors qu’on a fait plein de cadeaux à la finance. Il est temps de repenser les institutions de la république. Le quinquennat calé sur le mandat des parlementaires fait que la majorité qui prend des décisions ne représente que 10% de la population. »

*****

Laure, 44 ans

« Parce que je trouve que c’est un mouvement qui pose enfin les bonnes questions et qui dit non à des trucs qui étaient inacceptables depuis très longtemps. Ça met fin à une forme d’apathie. On était résignés et c’est un beau « non » à cette forme de résignation. Au début j’ai suivi le truc d’un petit peu loin et par la lecture, par exemple avec l’article de Florence Aubenas. J’ai vu aussi la vidéo des Gilets jaunes de Commercy avec les maisons communes et je me suis dit : il se passe quelque chose de très important. Des gens qui ne prenaient pas forcément la parole là, ils la prennent. Au début je ne me sentais pas de porter le gilet jaune car j’avais le sentiment que ce n’était pas mon identité sociale, et que ce serait une usurpation. Je me considérais comme une sympathisante et avec la répression, les mutilations, la volonté de montrer la « sauvagerie » par les médias dominants, j’ai commencé à venir manifester. Je faisais depuis septembre les marches pour le climat, et là c’est le même combat puisque les adversaires sont les mêmes : les capitalistes et le gouvernement ultralibéral qui les soutient. Dans mon milieu celui des profs, il y a beaucoup de gens méprisants à l’égard des Gilets jaunes et ça a renforcé mon soutien à ceux-ci. J’y reconnaît la situation de ma famille, je ne suis pas née avec une cuillère d’argent dans la bouche. »

*****

Patrick, 58 ans

« Comme tout le monde au départ, pour le pouvoir d’achat. Les augmentations : l’électricité, l’essence etc. Il y a une baisse continue du pouvoir d’achat. L’OCDE dit cette semaine dans un rapport que les classes moyennes sont « laminées et écrasées ». Dans tous les pays riches la classe moyenne est en train de disparaître. Elle a l’impression de payer pour tout le monde. Tous les emplois intermédiaires des classes moyennes sont de plus en plus informatisés et robotisés, je le vois bien dans le milieu de la banque où je travaille. Les prix de l’immobilier là où il y a du travail ont beaucoup augmenté, ça fait beaucoup de mal. J’ai peur qu’à terme on privatise tout et que ça devienne comme aux États-Unis. Pour moi il y a aussi la précarité du travail qui fait qu’on ne peut plus s’engager dans l’avenir, se projeter. Surtout pour les jeunes. L’état est policier on le voit avec la répression disproportionnée. Et l’arrogance du président montre qu’il ne connaît pas la France profonde. Je pense qu’il n’aime pas la France. Par exemple il a appelé les français des gaulois d’un ton méprisant. »

*****

Sylvie, 63 ans

« On a volé la voix du peuple, on doit lui redonner. On a pas respecté les textes de la constitution et on a arrangé à sa petit sauce, et ça a donné de la mélasse. L’année dernière au mois de mai je suis allée à un débat avec Benjamin Griveaux rue Parmentier dans le 11e, et j’ai prit la parole au nom du parti Les Républicains pour lui dire que la France grondait. Je lui ait demandé que les pensions de réversion des retraites soient reversées en intégralité, je lui ai dit que l’augmentation de la CSG des retraites c’était un scandale et ça l’a fait rire. Quand on veut gouverner un pays il faut le connaître de bas en haut, de haut en bas. Ils malmènent tellement la France qu’ils sont en train de la faire couler. La parole doit être donnée au peuple. »

*****

Paul, 18 ans

« Parce qu’il y a une crise sociale. J’étais déjà engagé politiquement, j’ai vu qu’il y avait un ras le bol national et je me suis dit qu’il fallait que j’y sois. Je suis lycéen donc je lutte contre les réformes du bac et de parcours sup ; pour l’avenir, pour un SMIC à 1800 euros, pour une retraite à 60 ans, pour mes parents et mes futurs enfants. Je suis pour accueillir les migrants et les clandestins. J’ai clairement envie de changer le système, j’ai une utopie dans la tête. Ça va être compliqué vu comment c’est maintenant, mais je suis optimiste et j’ai de l’espoir. »

*****

Corinne, 52 ans

« Parce qu’on en a marre du mépris de classe, de l’accaparement des richesses, desIMG_20190413_162350 potentiels de ce pays par une petite caste. Quand on vote on signe pas un chèque en blanc et on peut pouvoir intervenir sur les décisions qui sont prises sans nous, en notre nom. La 5e république n’est pas démocratique. Elle a été faite par un homme qui avait des épaules pour, mais depuis il n’y a eu que des cons. Tout est concentré dans les mains de quelques uns, et les autres n’ont que les miettes. Si on est pas né dans la caste on a pas d’espoir de voir s’améliorer sa situation. J’ai repris les études à 40 ans, ce n’est déjà pas une partie de plaisir mais je galère tout autant qu’avant. Les Gilets jaunes, on ne voit pas d’issue politique et donc on essaie de réinventer quelque chose. En tout cas on sait déjà ce qu’on ne veut plus voir. »

*****

José, 46 ans

« Pour le pouvoir d’achat. Je défends aussi les valeurs démocratiques et de liberté en Europe, par exemple le droit des peuples à s’autodéterminer. Je suis pour une meilleure répartition des richesses. L’oligarchie concentre finance et argent, il faudrait changer ça. Il faudrait une révolution. On a failli l’avoir au début mais les médias nous associent aux casseurs et l’opinion publique s’est détournée de nous. Je réclame aussi le RIC, avec ça c’est le peuple qui décide de son avenir. »

*****

Marie-Christine, 56 ans

(Elle sort des feuilles imprimées) « Regarde, ça c’est les questions du Grand débat et les propositions qu’ils donnent comme dans un QCM (questionnaire à choix multiple), c’est orienté. En rouge c’est ma réponse (elle me montre qu’en dessous de chaque question qui lui avait été adressée pour le Grand débat, sous chacune des 3 ou 4 propositions à cocher, elle avait rajouté sa réponse en rouge : une phrase argumentée). Par exemple ils disent que la CSG c’est pas parmi les revendications des gens. Mais ça n’apparaît pas dans le « débat ». La retraite on peut l’avoir si eux arrêtent de pomper dans les caisses. La retraite des autres ils en ont rien à foutre. « Ils » c’est les politiciens. S’ils étaient payés au mérite ils auraient pas grand chose. S’ils étaient notés comme nous ils nous notent… Il faudrait que le vote blanc soit reconnu. J’ai fait 25 ans de gendarmerie et sous Sarko j’ai dit stop. Je commandais 18 personnes et avec les histoires de retraites des militaires en 2003, la loi Fillon ; avec les primes et la pression qu’on nous met, je me suis dit que j’étais là pour protéger le peuple des criminels et pas pour protéger les magouilles. On nous demandait du résultat mais on marchait avec des statistiques, ça nous bouffait. En plus c’est que du pipeau, on dit ce qu’on veut en rentrant les données des statistiques. Je n’ai jamais manifesté car j’étais militaire et là ils ont réussi à me faire sortir. Je suis passé de l’autre côté de la barrière. (Elle me montre les montants des retraites de ses parents, anciens agriculteurs : 578,24 et 979,84 euros, en photo à la fin de l’article. Puis le montant de la pension de réversion d’une de ses connaissance : 565,75 euros avec le calcul du taux de taxe dessus : 9,10% ; son sentiment scandalisé à ce propos se résume en cette phrase:) Ils taxent sur les morts, c’est des vautours. Au fond je suis là pour la CSG. On me prend 70 euros par mois. J’ai 70 euros de moins sur ma retraite. »

*****

Marie Line, 55 ans

« Mon fils est policier et moi je suis Gilet jaune. Je l’ai déjà croisé en manif. Ses collègues ont dit qu’il fallait que je continue, que j’avais raison et qu’il fallait pas lâcher. Il y a beaucoup de familles Gilets jaunes avec quelqu’un dans la police. Je suis ici pour lui mais aussi pour tous ceux qui ne peuvent pas venir, les handicapés, les retraités, tous ! On est taxés de partout, tu vas faire les courses, tu vois la TVA sur ton ticket de caisse… Avant on avait 100 Francs ont avait un caddie plein, aujourd’hui avec 10 euros vous n’avez que deux trois trucs. Même avec 50 euros vous allez au moins cher. Mon père était mineur on était 8 enfants, il verrait ça il y aurait une révolution. Je lâcherai pas, j’irai jusqu’au bout jusqu’à ce qu’il y ait un changement. Et je suis fière d’être Gilet jaune. »

*****

Patrick, 24 ans

« Je suis Gilet jaune parce que je souhaite la justice sociale, fiscale, démocratique et écologique… (à ce moment là la police nous oblige à nous lever) … et dénoncer les violences policières. Pour l’augmentation des salaires et minimums vitaux, le retour à la retraite à 60 ans, retourner à des conquis sociaux qui nous permettent de bien vivre. La justice fiscale c’est prendre l’argent là où il est, dans les poches des actionnaires. Il n’y a jamais eu autant de richesses produites en France, pourquoi elle augmente chaque année et que les conditions des travailleurs se dégradent ? Aujourd’hui on donne via le CICE, 40 000 000 000 d’euros aux entreprises, c’est les grosses qui en profitent. Il faudrait là augmenter le SMIC de 300 euros et augmenter tous les salaires. Je suis pour un écart de 1 à 5 dans les entreprises : si tu touches 1 en bas, en haut tu ne peux toucher que 5. Si ça augmente les grosses entreprises peuvent le supporter, pas les petites. Il faudrait redistribuer les aides pour en faire profiter les petites entreprises. C’est un ensemble de demandes immédiates. Personnellement il faut renverser le capitalisme, mais si on veut que chacun soit heureux dans sa vie il faut dépasser le capitalisme. Le système profite à quelques uns, pas à tous. Il faut que les richesses profitent à l’ensemble des travailleurs. A mon avis, ça passe par une révolution. Je travaille dans l’éducation nationale. »

*****

Karim, 49 ans

« En regardant la télé une fois j’ai entendu Macron qui disait à une dame : « arrêtez de vous plaindre, vous touchez une petite retraite ». Ça m’a renvoyé à ma mère qui touche 900 euros par mois. Je l’ai reçu comme une insulte. Ma mère est femme de ménage elle aura une petite retraite. Au travers de la tristesse de cette dame qui l’interpellait sur un trottoir j’ai vu la tristesse de ma mère. C’est ce qui a déclenché mon rejet, ma critique et ça a été mon premier stade Gilet jaune. C’est une sorte de naissance. Chez les Gilets jaunes j’ai trouvé une communauté, on partage la même condition sociale, les mêmes sentiments. Il y a eu deux ou trois autres événements qui m’ont confirmé mon implication. J’ai rencontré un monsieur de 66 ans qui fait les poubelles pour manger. Il paye son loyer 600 euros et une fois qu’il a tout payé il ne lui reste pas assez. Il m’a dit ça quand on marchait ensemble dans la manif. Il m’a tellement touché que je lui ai payé le coiffeur une fois. Il fait partie de ces gens qui sont dans une zone grise : légalement il touche 1200 euros par mois, il est riche, mais socialement, il est pauvre. Je suis chercheur au CNRS. »

 

Publicités

La Courneuve – Plantes sauvages comestibles et médicinales du 28/04/19

Mieux connaître son environnement sauvage, avoir un intérêt avec celui-ci, c’est mieux savoir pourquoi et comment le préserver.
 
Venez découvrir dimanche 28 avril après-midi des plantes sauvages connues de votre œil, qui se mangent et aux intéressantes propriétés médicinales.
 
Apprenez leur nom et les empruntes qu’elles ont laissé dans l’histoire de l’humanité.
 
Profitez d’une méthode unique conçue pour mieux apprendre et diffuser le savoir à son tour.
 
Vous pouvez trouver toutes ces informations sur Internet ou dans des bons livres, mais dans la pratique, on se retrouve souvent devant ces questionnements: Comment les cueillir, ne pas se tromper, comment les préparer?
 
Transition(s) vous propose d’explorer cet environnement sauvage et de répondre à ces questions dans un endroit insoupçonné: le Parc de la Courneuve , en plein cœur du 93.
 
La participation aux frais est de 10 euros minimum. Sur place.
 
Rendez-vous 15h dimanche 28 avril devant l’arrêt de bus « Cité Floréal » du 150, 250 ou 252, récupérables depuis le M7, RERB et T1.
Si vous ne venez pas en transports, l’arrêt de bus du RDV se trouve à l’entrée Pyrus, ci dessous une photo du portail et un plan.
Vous pouvez prendre de quoi noter, et si vous pensez que ça peut intéresser quelques uns de vos amis, invitez-les !

La Villette – Plantes sauvages comestibles et médicinales du 18/04/19

Les balades sauvages dans Paris le soir en semaine reprennent ! 
 
Jeudi 18 avril au soir venez apprendre à reconnaître sans vous tromper quelques plantes parfaitement comestibles en cette saison et aux intéressantes propriétés médicinales. On parlera aussi de comment cuisiner ces légumes anciens et oubliés et de ce qui se récolte facilement en ce moment 🙂
 
A la découverte de votre environnement venez découvrir et apprécier les vertus de plantes que vous croisez tous les jours !
 
La participation aux frais minimum est de 10 euros.
 
RDV 18h30 pile devant le WIP Villette, un bâtiment rond dans le parc de la Villette (en photo ci dessous!)
M7 Porte de la Villette ou Corentin Cariou, RER E Rosa Parks ou T3b Porte de la Villette et de nombreux bus !
Wip Villette
Wip Villette

Porteur de paroles – Gilets jaunes Paris acte XXI

IMG_20190406_175648

La grande enquête sociale sur les raisons de l’engagement des Gilets jaunes continue ! Sous la forme d’un porteur de parole ambulant j’ai désormais recueilli 77 témoignages dont les 11 ci-bas, pour l’acte XXI des Gilets jaunes le samedi 6 avril à Paris.

Pourquoi l’enquête sociale ? Pour faire taire les bourgeois de la télé, de la radio ou de la presse en exposant publiquement la diversité dans l’unité des différentes raisons d’agir, et pour que chacun puisse se faire sa propre idée, loin des croyances et de la propagande des puissants. Pourquoi la forme du porteur de parole et le cahier désormais fini de 96 pages ? Je l’explique rapidement dans cette petite vidéo faite par Charlie-TV.

Il y avait deux manif et j’étais à celle qui allait de la place de la République jusqu’à la Défense, quartier symbolique de la finance française mondialisée. Il y a eu sur ce chemin deux tentatives de sortie du parcours de la manifestation déclarée, une vers les Champs Élysées, une pour aller sur le périf. Pour l’empêcher, la police nous a arrosé d’un gaz, qualifié par des précédents interviewées que j’ai retrouvé, encore plus puissant qu’auparavant. En traversant les quartiers des riches on a foutu un beau bordel. Puis on a traversé Courbevoie avant de monter sur l’esplanade de la Défense et de se réunir au pied de la grande arche. D’où on s’est fait expulser avant a tombée de la nuit.

Voici donc les 11 témoignages qui viennent s’ajouter à ceux des actes 14, 16, 17, 18, 19, 20, et au reportage radio de l’acte 9. Les gens répondent à la question : « pourquoi es-tu Gilet jaune ? »

*****

Alexandre, 24 ans

IMG_20190406_150034« Pour de multiples raisons. On se dirige dans une situation qui va devenir de plus en plus dégradée et difficile pour tout le monde. On vit dans un système où le grand nombre ne bénéficie pas des fruits de leur travail. Tout est capté par les parasites d’en haut. C’est la lutte des classes, c’est l’élite mondialisée contre les sans-dents. Pour une révolution des institutions et du système dans lequel on vit. On peut augmenter le SMIC et faire de petits trucs mais ça ne sert à rien. Le 16 mars on a crié « révolution », si on pouvait tout résumer en un seul mot, ce serait celui-là. Une fois j’étais à deux doigts d’aller en garde à vue mais le fourgon était tellement blindé qu’ils ont attendu un camion qui n’est jamais arrivé, alors ils m’ont relâché. J’étais juste passé là, j’avais un casque et un masque et ils m’ont accusé de détenir du matériel offensif. »

*****

Nassim, 30 ans

« Pour une justice fiscale et sociale. On peut réformer les systèmes, tout le monde peut payer en fonction de leur revenu, ceux qui gagnent peu pourraient payer un peu : 1 ou 5 euros d’impôts, et ceux qui gagnent beaucoup pourraient payer beaucoup. On pourrait baser l’impôt sur le revenu sur 14 tranches, ça permettrait aux classes moyennes qui gagnent entre 1200 et 2000 euros de payer moins d’impôts que maintenant. Et bien sûr le RIC qui se pratique dans plusieurs états aux États-Unis et dans les pays nordiques. Dans ces pays les citoyens ont le contrôle sur les revenus des parlementaires et sur les lois qu’ils votent. Les gens sont investis. »

*****

Rachel, XX ans

« Je suis là pour le pouvoir d’achat, l’augmentation des salaires et pour mes enfants. J’ai deux enfants, c’est pour leur avenir. »

*****

Mickaël, 29 ans

« Je suis Gilet jaune car on est tous dans la merde, on ne vit plus, on survit. Pour faire acte de présence on est là à chaque fois, si on est pas violent on est pas entendus. Aujourd’hui avec la manif autorisée Macron il rigole. Il faut baisser les prix de tout ce qu’il y a, pas augmenter les salaires. Après, ça augmente les impôts. Je gagne bien ma vie, entre 1600 et 1800e par mois. Et c’est quand même la galère, on est obligé de se restreindre. Mon père était en intérim, il a fait un crédit pour sa maison et c’était normal. Maintenant c’est même plus envisageable. »

*****

Patricia, 65 ans

« Je suis là pour l’avenir, de mes enfants, de mes petits enfants et de tous les jeunes. OnIMG_20190406_155743 est taxés de plus en plus et les jeunes n’auront plus rien. Pour que Macron arrête de vendre la France aux multinationales. Lui il touche de l’argent dans tout ça, et c’est les biens des français qu’il vend, c’est eux qui on tout construit et nos jeunes n’auront plus rien. Qu’il arrête de nous taxer et qu’il taxe les riches. Il a prit une journée aux travailleurs, bientôt une deuxième, mais il en a pas prit aux riches. Il y a trop de retraite pour les politiques qui eux s’en foutent plein les poches. Quand quelqu’un du peuple a fait une connerie il y a interdiction de travailler pour l’état pendant 5 ans. Quand c’est les politiciens qui ont fait une connerie eux peuvent continuer leur mandat et compagnie, donc il n’y a pas de logique là dedans. Il faut que ce soit égal d’un côté comme de l’autre, nous on a le droit à une retraite, eux plusieurs, c’est énorme ! C’est très grave ils volent le peuple. Je viens de Colombes dans le 92. Dans l’immobilier ça construit, ça construit, mais rien n’est fait pour les sans-abris. C’est honteux. (Son fils à côté : ) « Macron n’a pas tenu ses promesses, c’est un menteur »

*****

Nicolas, 41 ans

« Parce que je veux vivre et pas survivre. Je travaille sur les routes pour Vinci, vu combien je suis payé et combien ils gagnent je suis scandalisé. Ils brassent des milliards. Il faut arrêter avec ce système corrompu, dans les écoles, dans les hôpitaux par exemple. Je viens de Béthune dans le Nord, il y a 3 semaines ils ont licencié 80 personnes dans un hôpital. J’ai été à celui de Seclin pour une sciatique et je suis resté 4h sur une chaise à attendre. Finalement je suis parti dans une clinique privée où j’ai été accueilli. Il faut arrêter de couper dans les hôpitaux, les écoles, alors que les gros touchent le CICE. C’est tout pourri le système. Aujourd’hui on va à la Défense c’est symbolique, tant que ça casse chez nous ils s’en foutent, mais chez eux c’est autre chose. (Les CRS chargent et gazent une partie de la manif qui avait tenté d’entrer sur le périf’ ) Regarde, le périf est bloqué tout l’année… Rien à foutre ! Rien à branler. Bientôt c’est fini. »

*****

Côme, 23 ans

IMG_20190406_160523« Je suis photo reporter, Côme Sittler. Je ne roule pas sur l’or et le métier est difficile mais je me sens un peu distancié quand même, pour faire ce que je fais c’est important de garder une distance, si je suis impliqué à fond je serai influencé, et je veux travailler pour que les gens se fassent leur propre idée. Je suis là pour montrer ce qu’il se passe dans le monde. Si demain il y a des gilets rouges je serai là aussi. »

*****

Fabrice, 53 ans

« Parce que je trouve que la hiérarchisation des humains est un déshonneur pourIMG_20190406_162751 l’humanité toute entière. On a tous un désir de supériorité et la société libérale ne te renvoie qu’à ça et ça te déshumanise. Les Gilets jaunes c’est pour moi un mouvement profondément humain, pour la justice sociale et fiscale. Avec mes photos j’espère faire à long terme un bouquin. Avec des amis j’aimerai créer une plate-forme internet qui réunit les différents avis politiques. Surtout spécifiquement des issues politiques, au sens institutionnel. A la fois sur le plan de l’histoire politique des Gilets jaunes, quelque chose qui retrace, comme avec Nadine Mourot, et à la fois un lieu de débat. La plupart des Gilets jaunes sont défavorables à une construction politique commune parc qu’on pense que ça va diviser. Il faudrait quelque chose qui synthétise les différences. Je pense que c’est possible. Pour moi il y a une force et un espace politique qui permet la formation d’un parti. Je pense que si on oublie la composante de droite des Gilets jaunes ce serait injuste. Allez voir ma page Facebook. »

*****

Mokran, 65 ans

IMG_20190406_164412« Pour me promener. Je suis un adepte de la maire de Paris, et comme elle veut des rues piétonnes, ben nous on les créées. Simplement pour dégager Macron et sa cour. On bouche, on empêche jusqu’au moment où il craquera. Je sais bien qu c’est pas pacifiquement qu’il va craquer mais on lâche rien. Le fond de tout ça c’est arrêter le racket sur le peuple. Ça suffit, on pioche, on vole sur la retraite des gens. Y’aura toujours des riches et des pauvres, mais moi je vois les très très riches qui volent les pauvres. Depuis 40 ans les gens qu’on élit nous dépouillent, et ils s’occupent que de leur cul. Aucune parole ! C’est nous leurs employeurs. Un an, deux ans à la barre : ils nous foutent dans la merde. Dégage ! Licenciement. Le pouvoir, la tête de l’état devrait être un sacerdoce et pas une carrière. Une fois le mandat rempli on ne devrait pas donner de retraite : dégage ! »

*****

Louis, 29 ans

« J’en ai marre qu’on tape sur les plus pauvres pour faire gagner du pognon au pays, alors qu’on pourrait le prendre ailleurs. Il y a une haine des pauvres. Par exemple s’il le sont c’est de leur faute, c’est leur destin, qu’ils le méritent. Et là par exemple, il viennent à Paris pour leurs idées et on leur casse la gueule et on les décrédibilise. Je veux faire acte de présence et participer car j’en ai marre de l’inaction de mon entourage et de regarder les choses de loin. Je viens d’un milieu d’école d’art à Paris, tout le monde là bas se dit de gauche, mais quand vient le moment de parler de choses concrètes, et pas seulement du passé politique, on détourne le regard. C’est un milieu d’idéologie bourgeoise. C’est valorisé d’être le gars qui va en chier, qui va taffer tout le temps mais en fait les gens qui gagnent beaucoup, ils en chient trop pas. Tout ça c’est pas quelque chose qui va de soi, par exemple les congés payés : quelques uns seulement se sont battus pour les avoir et tout le monde en profite. »

*****

Abdel, 40 ans

« Parce que Macron est un menteur, j’avais cru en lui. Il promettait le ciel et la lune alors qu’on est descendu aussi bas que prévu. Il promettait une réforme des institutions mais il n’agit pas comme un démocrate. Au sein d’En Marche c’est lui qui tient tout. Je peux le dire, j’y étais. C’est un dictateur, tu dis que t’es pas d’accord on te remet à l’ordre où on te vire. Même au Rassemblement National (nouveau nom du FN) ils ont des courants qui s’expriment démocratiquement. Macron avait dénoncé Lepen et Fillon, alors que les Gilets jaunes ils leur crève les yeux… Macron soutien les dictateurs ouvertement : Xi Jinping par exemple qui oppresse les minorités et tous les dictateurs en Afrique qui lui assurent le pillage du continent. Je soutien donc les Gilets jaunes car ils apportent une part d’humanité à ce monde, comme tout être humain. Maintenant je voterai plutôt une liste progressiste comme Hamon, qui prône les libertés publiques et la démocratie. Il n’est pas normal de dire que dans une démocratie c’est pas la rue qui gouverne. Dans une démocratie c’est la rue qui doit gouverner, sous une certaine forme. Avec Macron on a eu un quinquennat où la démocratie n’a jamais fonctionné de manière aussi médiocre. C’est la raison pour laquelle les Gilets jaunes qui portent la couleur de la lumière positive demandent une réforme des institutions, un nouveau mode de scrutin démocratique, ainsi que le RIC pour se faire entendre, et c’est normal. Que l’on vienne exprimer ses émotions au travers des manifestations c’est totalement humain. Moi je suis au centre et humaniste. Avec Macron maintenant je me sens à gauche, il a voulu casser les clivages droite-gauche mais ils ont reprit le dessus. Maintenant qu’on est là dans la rue, quand on est otage d’une telle crise, on est libre de juger une telle situation. Demain je serai présent au rassemblement pour exiger le changement en Algérie et la fin des discriminations machistes et sexistes, et plus d’humanité. »