La violence des riches et la violence des pauvres

dans le dos GJ

Cautionnez-vous la violence des Gilets jaunes ?! Lorsque le collégien de St-Denis qui avait choisi d’interroger d’autres personnes en partant de cette question me sorti cela je fus stupéfait. Il voulait en savoir plus sur ce sujet mais pour rentrer en contact avec son public, il n’avait trouvé que ces mots.

Plus tard un homme que j’ai interviewé et qui fuyait les gaz lacrymogènes lors de l’acte 9 m’a dit que ce qui le choquait avant tout c’était la violence des « casseurs ». Dubitatif devant sa situation je lui ai demandé ce qu’il pensait de la violence de la police et il m’a répondu qu’il trouvait celle ci légitime, que les policiers faisaient leur travail.

Comment se faisait-il que ces deux opprimés prennent ainsi la défense de leurs oppresseurs alors même qu’ils débutaient des actions de protestation ? Qui était le manipulateur à l’œuvre ? Moi qui n’ai pas la télé, n’écoute pas la radio et ne lis pas les journaux, mais qui écoute les gens, je fus très vite convaincu qu’il n’était pas seul, que c’était une série en fin de compte, une flopée, une armée d’éditorialistes et associés, qui à chaque occasion commandaient de se désolidariser du ras-le-bol populaire en l’associant avec ce mot : violence.

Qui est pour la violence ? Qui a envie de s’associer à quelque chose de violent ? Qui d’hésitant peut alors soutenir pleinement les Gilets jaunes s’ils sont violents ? Personne. Socialement c’est inacceptable.

C’est là qu’est la ruse, le truc qui pue dans tout ça : si tu arrives à faire dire aux gens qu’ils « ne cautionnent pas la violence des casseurs » , encore mieux, « des Gilets jaunes » alors tu désolidarises toute une partie des alliés des gens qui manifestent dans la rue.

Des hommes, des femmes qui partagent leurs galères et qui sont la force de celles et ceux qui agissent.

Peut-être que 200 personnes suffiront à prendre l’Élysée, mais elles ne pourront le tenir qu’avec l’appui des millions de personnes qui en ont marre de la politique des riches.

Alors en divisant, on règne mieux et plus sûrement. Et pendant que les petites gens répondent à l’injonction sociale de se désolidariser des violences on ne parle pas des violences du pouvoir, plus discrètes car habituelles.

Les médiacrates eux sont tous unis pour présenter le tableau de leur point de vue : les méchants pauvres ont l’audace de protester, venant manifester chez les riches, cassant vitrines de banque et symboles du luxe, respectivement symboles pour les autres du harcèlement fiscal et des disparités sociales.
Dévoués corps et âmes à salir les révolutionnaires, les premiers ne savent plus quoi faire et se perdent désormais dans le grotesque, comme avec les commentaires sur « l’axe FI-ONU-GJ » qui fleurent bon le champ lexical du national-socialisme.

En vrai qu’est ce qu’on s’en fout des vitrines de banque ? Quel ouvrier ou salarié pense encore que les banques ne sont pas des repères d’escrocs ? Qu’est ce qu’on s’en fout des vitrines de Porsche ou de Ferrari ? Au contraire, ça fait marcher la croissance de les remplacer. Ça donne du travail.

Qui pourra cependant remplacer les yeux crevés, les membres arrachés, les vies brisées ? L’existence des gens vaut elle moins dans la tête des riches que des plaques de verre ?

Une femme âgée est morte de la répression du gouvernement, étouffée dans son appartement à Marseille par des lacrymogènes « perdus » dont elle avait reçu la capsule en plein visage, elle est décédée à l’hôpital. Une enquête est en court. Cette femme s’appelait Zineb. La France aurait-elle été scandalisée si cette femme s’appelait Ginette ? Mais Zineb n’est pas Ginette, et le silence, l’invisibilité de ce meurtre rajoute à ce sombre tableau une violence symbolique aux relents racistes.

Qui sont les vrais casseurs ? Qui sont les vrais racistes ? Ceux qui tuent, mutilent et gazent ? Ceux qui rajoutent de la viande en putréfaction dans les jets d’eau anti-manifestation ? Ceux qui exploitent et sucent la vie des millions de travailleurs sans même permettre l’espoir d’un meilleur avenir pour leurs enfants ? Ceux qui cyniquement accusent de xénophobie, de violence, de bêtise, pour cacher celles qui les animent, eux ?

Ou est-ce des gens qui en ont marre de manifester, comme des moutons qu’on change de pâturage, bien disciplinés, bien loin des quartiers de riches, bien sûr de ne rien changer ?

Les quelques vitrines de banques et celles des voitures de luxe ont-elle vraiment de l’importance face à la vie de millions de gens ?

Alors il faut arrêter de dire : « je ne cautionne pas la violence des casseurs ». On peut ne pas être d’accord, on peut ne pas avoir envie d’agir ainsi, mais il faut conserver l’union de notre mouvement, et garder nos désapprobations pour le cadre privé. Les riches font-il ça entre eux en public ? Non, ils se gardent bien de le faire.

A la place on peut dire par exemple : « ce que qui nous choque avant tout, c’est la violence de tous les jours, celle du pouvoir, celle de ses médias, celle de sa police. »

De plus, la révolution qui sert de référence, celle de l’abolition des privilèges en 1789 qui est la fondatrice de la république était-elle un dîner de gala ?

Pour la vie des aristocrates elle fut violente, mais pour celle de tous les autres, elle fût libératrice.

Alors prenez garde avant de dénoncer les violences. Parlerez vous des violences des riches, ou des violences des pauvres ?

 

JCT

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