La joie chimiquement c’est quoi ?

Paru dans la revue Objet de mars 2018 et à l’occasion de la semaine du cerveau voici un article dessiné sur la chimie d’une de nos émotions 😀

 

Une réponse à un événement

visage questionnement

Tout se passait bien ce matin quand tu reçois un sms, intrigué tu sors ton tel, c’est lui  ! (ou elle selon les goûts). Tu ne t’y attendais pas mais il te propose un rendez-vous  ! Une sensation bizarre envahit ton corps  : c’est la joie  ! Mais la joie, c’est quoi ?

 

 

visage joyeux

Une émotion positive

Les émotions, on les vit mais on les décrit très mal, elles ont fait couler beaucoup d’encre et sont au centre de notre vie, sociale ou solitaire. Elles nous permettent d’ajuster nos capacités de concentration, de libérer de l’énergie quand il s’agit de survie (par exemple pour la fuite), bref de réagir de façon appropriée. Il y en a des positives comme ici, et des négatives, comme la peur. Toutes se sont montrées essentielles à notre survie dans et en dehors du groupe, et si ce n’était pas le cas, elles ne seraient pas universellement partagées.

 

En psychologie, on en reconnaît 6 «  de base  » qui seraient partagées avec tous les autres animaux vertébrés  : la tristesse, la peur, la colère, le dégoût la surprise et la joie. C’est ainsi que nos animaux de compagnie peuvent reconnaître sur notre visage les expressions de nos émotions (et inversement) (NDLA  : perso je serai incapable de dire à quoi je le vois mais je reconnais quand mes poules sont contentes. Et vous vos animaux?) six emotions

disrupte

Chez nous, humains, on sait pour les ressentir qu’il y a d’avantage d’émotions (comme par exemple la déception). Selon l’école, on les décrit, ou on les classe dans les «  sentiments  » qui seraient différents des simples émotions par leur complexité. Les recherches sont toujours en cours, et les scientifiques, comme partout ailleurs, ne manquent pas d’orgueil à défendre leurs idées.

Mais alors qu’est ce qui se passe concrètement  ?visage retour en arrière
Revenons à notre joie et remontons légèrement le temps, entre le moment où vous recevez l’info et celui où vous exultez. Que s’est il passé dans la grosse glande que vous avez dans la tête ?
Comment ça marche chimiquement la joie  ?
Préparez vous à un voyage fantastique dans le monde de la neurobiologie, et dans les tréfonds ancestraux de votre cerveau.

 

Votre sms, c’est d’abord une information visuelle, qui certes nécessite d’être traitée mais qui passe par le même chemin que les autres informations sensorielles (sauf les odeurs, qui ont leur «  voie privée  »). L’info arrive donc de votre œil après une brève mise en forme jusqu’à la «  gare de triage  » du cerveau  : le thalamus (thalamuspô pôooo!), organisation de neurones ancestrale déjà présente chez les poissons. C’est ici qu’est déterminé si les informations donnent lieu à une émotion, et si celle ci est positive ou négative. L’information est ensuite envoyée à la fois un peu plus vers l’extérieur du cerveau dans les amygdales (qui ne sont pas celles de la gorge) et dans le cortex (la partie qu’on voit du cerveau, avec les circonvolutions) où l’information est traitée de manière plus approfondie, plus logique. Ici il s’agit de reconnaître les lettres, les assembler en mots et y attribuer des idées, puis une valeur, et de penser aux conséquences.

 

L’émotion, une perception intime
Ici, votre émotion est positive (il vous a écrit  !) et donc c’est l’amygdale du côté gauche du cerveau qui est activée (dans le cas d’une émotion négative, c’est la partie droite du cerveau – une coïncidence  ?! ). L’amygdale est accolée à une structure liée à la mémoire  : l’hippocampe. C’est ici que la «  puissance  » de votre émotion est déterminée par comparaison avec votre mémoire, et donc cette valeur dépend directement de votre vécu et de ce que vous en retenez. L’amygdale peut très bien interpréter que comme c’est la 3e fois que votre mère vous appelle aujourd’hui, ça vous semble beaucoup moins positif, par exemple. noyeau accumbens

La dopamine c’est ici
Mais là ça sent bon  ! Ce sms est parti pour vous foutre un frisson de bonheur, alors on continue dans ce qu’on nomme le «  système de récompense  », un réseau de neurones à dopamine (un type de neurone ne produit qu’un ou deux types de messagers chimiques). Les neurones de l’amygdale gauche stimulent alors avec leur dopamine les neurones d’une petite partie du cortex  : le noyau accumbens. Dans le cas de prise de cocaïne, la molécule du même nom empêche les molécules de dopamine d’être récupérées par les neurones qui les libèrent, ce qui stimule de manière permanente ceux du noyau accumbens, en vrac, et donne l’effet que certain-e-s connaissent.

La sérotonine, c’est là
Ce sont les neurones du noyau accumbens qui déterminent de quel type d’émotion il s’agit, et donc dans le cas présent, que c’est la joie. Quand on ressent une fausse joie, c’est aussi là que ça se passe  : les informations envoyées au tout début par votre thalamus à votre cortex ont été traitées, et sont récupérées dans le noyau accumbens, si celles ci viennent contredire par la raison, l’émotion, alors ce dernier est capable d’arrêter le processus, et c’est la fausse joie.

Mais là décidément ça colle le contenu du SMS, la raison de votre cortex confirme l’émotion  : ça vous rend joyeux. A cet instant vos neurones irriguent de sérotonine les circuits spécifiques qui lui donnent son surnom (à la sérotonine) d’hormone de la bonne humeur. Et c’est là que ça fait boum. Dans le cas d’une prise de MDMA (ecstasy), les neurones du noyau accumbens sont tellement excités qu’ils vont libérer toute leur sérotonine dans les circuits concernés, jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. C’est ça qui lui donne son effet, le manque de sérotonine donne l’effet de la descente, et d’ailleurs cette hormone est peu présente dans le cerveau des dépressifs.

 

Boum dans ta tête
Deux zones du cerveau qui concernent la perception du corps sont alors activées  : le cortex somatosensoriel et l’insula. Le cortex somatosensoriel gère les sensations du corps  : où est notre bras, ce qu’on touche, la pression de la chaise sur nos fesses, par exemple.  Ici il est activé d’une manière particulière, qui peut faire ressentir un frisson, une chair de poule de joie, mais plus couramment et simplement, une sensation submergeante de bien être et d’être entièrement là. Et contrairement au plaisir sexuel qui est localisé sur une partie, ici la sensation de plaisir est ressentie dans tout le corps. L’insula est le groupe de neurones qui traite les sensations des entrailles, et si dans votre joie vous avez la sensation de «  l’intérieur qui palpite  » ça vient de votre insula. insula

Boum dans ton corps
L’hypothalamus, le grand réalisateur hormonal du corps est activé d’une certaine manière par vos neurones à sérotonine, et met en place ce qui ne se passe pas dans le cerveau. Cette glande libère directement dans le sang deux hormones  : l’ocytocine et l’adrénaline, elles repasseront par là et auront des effets sur votre cerveau, mais par le sang se lient à chaque cellule qui possède ses récepteurs spécifiques. Ainsi, l’adrénaline se lie entre autre aux cellules musculaires de votre cœur et libère l’énergie pour que celui ci batte plus vite et augmente la pression artérielle. L’adrénaline est connue comme l’hormone de l’excitation. L’ocytocine est bien connue pour ses effets de provocation de l’accouchement, et on observe sans le comprendre (encore) qu’elle est impliquée dans la confiance qu’on éprouve envers autrui, mais aussi dans l’empathie, l’attachement et l’amour. hypothalamus

 

visage emotion arrivante

Dans le même temps, certains de vos neurones moteurs (ceux qui font bouger les muscles) s’activent, et sur votre visage apparaissent les attributs de la joie  : vos sourcils se lèvent, vos yeux s’ouvrent, les muscles de vos joues se contractent, votre visage est souriant et ainsi, vos congénères ou d’autres animaux peuvent interpréter votre émotion  : vous communiquez.

 

Il n’y a pas que des hormones «  en plus  » qui sont déversés dans le corps, ni même des réseaux neuronaux activés simplement, la diffusion de certaines hormones dans le sang est inhibée, ainsi que certaines zones de votre cerveau, associées aux émotions négatives. Pour ne citer qu’un exemple, l’émotion de joie inhibe la diffusion de cortisol, une des hormones du stress.
Ressentir souvent de la joie rend plus charmant, plus résistant aux maladies, fait vivre plus longtemps, améliore nos facultés de réflexion, c’est prouvé. Malheureusement, la joie ne se commande pas  ! Elle est intimement lié à l’effet de surprise et à l’inattendu, un petit bonheur attendu ne rend pas joyeux (ce sera une autre forme de plaisir), alors qu’une bonne nouvelle, inattendue, peut vous faire sourire même dans un moment morose.

 

visage concentré

 

Sources  : La chimie de nos émotions, Bohler, 2007 – Biologie des passions, Vincent, 1986 – Sciences du vivant, Raven, Johnson, Losos et Singer, 2005  – http://www.cnrs.frJC Teulier – Transition(s), 2018

 

 

 

La Courneuve 1er avril – Plantes sauvages comestibles et médicinales

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Non ce n’est pas une blague !
Certaines plantes sauvages se mangent et soignent et ceci en accompagnement de l’humanité depuis très longtemps !
C’est aussi vraiment le 1er avril que ça se passe ! Il y aura des poissons ! Et des poisons !
Partez à l’aventure pas si loin dans le 93 à la découverte de votre environnement sauvage. Accueillez dans votre cerveau des savoirs ancestraux qui rendront admiratifs vos voisins et amis 🙂
Cette balade botanique c’est de l’éducation populaire ! Apprenez grâce à une méthode éprouvée les utilités des plantes et leur rapport à l’humanité. Et ce n’est pas tout ! Notre animateur est un spécialiste de la vulgarisation scientifique et saura vous expliquer ce qu’est une vitamine et à quoi ça sert, par exemple.
Attention ! C’est sans langue de bois ni jargon ! Vous risquez de tout comprendre ! A Transition(s) on explique la science avec les mots de tous les jours, notre but n’est pas de vous faire sentir ignorant face au « sachant » 🙂
Participation au frais minimum: 10 euros (gratuit moins de 16 ans)
RDV dimanche 1er avril 2018 à 15h devant l’arrêt de bus « Cité Floréal » du 150, 250 ou 252, récupérables depuis le M7, RERB et T1
Vous pouvez prendre de quoi noter, et si vous pensez que ça peut intéresser quelques uns de vos amis, n’hésitez pas à les inviter !
Le lien sur Facebook ici.
Si vous venez en vélo, à pied ou autrement, voici un repère: la station de bus se trouve à côté de l’entrée Pyrus et de son portail caractéristique:
entrée pyrus     carte entree pyrus